28 mai 2012

…Histoire d’un travail (part 2)…

Part 1
Je descends les 86 marches d’escaliers, oui je les ai comptées depuis le temps, la brise fraiche d’un matin estival m’envahis les narines et j’ai soudain droit à mon premier éternuement de la journée, et même si j’y ai droit des dizaines de fois tout les jours, cela me surprend toujours.
J’ouvre la petite porte rouge et le bruit du métal grisonnant me réveille plus encore car on ne peut dire que je suis tout à fait éveillé : je suis dans cet état où on a l’impression qu’on regarde un film, le corps obéit à l’habitude à laquelle il s’est berné tandis que le cerveau peine à dégager l’aura du sommeil.
La réflexion des rayons du soleil sur les rails m’éblouit, le bruit du serpent vert m’alerte, et je me trouve devant ce choix difficile que je dois prendre tous les jours : Aller à la lointaine station de bus, où je me ferais piétiner les orteils par cette vague de mort vivant, avec un visage menacent, un regard ébahi par le manque de sommeil pour les uns, et les effets de la cuite de la veille pour d’autres, ou prendre le serpent qui me mènera au terminus de la ligne du bus, où je pourrais avoir droit à une place assise, mais cela me prendra plus de temps, et en fonction de l’heure à laquelle je suis sorti, je décide.
Aujourd’hui, j’étais bien matinal, l’honneur était au serpent vert, j’entre à la station, je jetais un petit coup d’œil pour voir s’il y avait un contrôleur, parce que sur cette station, il y en a un à l’entrée, son absence voudra dire un voyage gratuit avec un risque infime de se faire prendre à l’arrivée, deux stations après. J’avance et je vois les bancs plein des travailleurs, qui rêvent encore de voir enfin ce point vert qui marquera le début de leur voyage quotidien, et bien sur il n’y avait plus de place. De l’autre côté, quelques accidentés de la vie ont trouvé un endroit pour passer une autre nuit.
Je prends place près d’un poteau de lumière encore allumé, je pose ma tête sur le poteau et je ferme les yeux, histoire de les reposer un peu, et là j’entends le grincement des rails, il est là, enfin arrivé, se faufilant en faisant parfois des étincelles dues aux frottements des câbles avec les récepteur d’énergie. J’avance d’un petit pas et j’essaie de me mettre dans le meilleur endroit possible pour être pile devant la porte. Je me suis fait un repère quant aux endroits des portes, c’était selon l’emplacement des arbres aux alentours, surtout ceux du jardin de la médiathèque qui se trouve juste devant la station.

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