22 janvier 2011

Overdose Facebookienne


Nous assistons ces derniers jours à toutes sortes de bizarreries sur le Facebook Tunisien... Entre les statuts moqueurs sur les politiques et la révolutions, passant par le jeu des numéros où chacun envoie un numéro et voit ce que l'autre pense de lui via un statut, arrivant au jeu des mois pour les filles, celui des marques pour les mecs, pour dire en langage codé ses sentiments... Tout ce mélange nous a engendré un bon bouilli fétide dans un fil d'actualité déjà surchargé par le flux incessant d'informations traitant de la révolution dite du jasmin, ses répercutions et ses horizons...
Et si on revenait à la source de ce désastre Facebookien, Facebook étant le catalyseur de la révolution est devenu une sorte de drogue électronique à une jeunesse à laquelle on a enlevé, via un état d'alerte qui n'a que trop duré, les cafés, les boites, le foot, le théâtre, les terrains de sport, le footing nocturne et j'en passe... Chose qui a fini au bout d'une semaine par provoquer une sorte de coma cérébrale chez les Facebookeurs les plus saugrenus et les a poussé malgré eux à lancer des jeux d'ados... certains parlent de "Taballoud Théhni", d'autres parlent d'Overdose Facebookienne...
Le Remède parait évident, mais le dilemme de la sécurité dans nos rues reste d'actualité, alors entre temps, apprenons à nous cultiver politiquement, apprenons à ne publier qu'une information de source sûre et ramenons le calme sur nos pages Facebook afin de commencer à construire une nouvelle Tunisie.

03 janvier 2011

Saoussen Mâalej face aux intégristes de Facebook

Une analyse intéressante trouvée sur Buisness News et relayée par matunisie.com :

Pour la deuxième fois en moins d'un an, la comédienne tunisienne Saoussen Mâalej se débrouille pour être au centre de la polémique. Du scandale, diront certains.
La première fois, elle a eu le malheur d'ajouter 50 cm sous le pantalon de son sketch à peine salace, cette fois elle s'est permis de parler, dans une interview accordée à Tunivisions du bon Dieu ou, plutôt, de son interprétation de ses lois. 
Comme tout un chacun sait, les lois du bon Dieu sont nombreuses. Hélas, le nombre de ces lois reste infinitésimal comparé au nombre des interprétations qu'on en fait. 
Toujours est-il que certains interprètes, auto-érigés en avocats du Bon Dieu, pensent que certaines de nos femmes n'ont pas à parler des lois divines car, disent-ils, elles ne sont ni outillées ni cultivées pour cela. 

Sous nos cieux de cette vaste terre arabo-islamique, un analphabète, incapable de rédiger son propre nom correctement, se croit plus cultivé qu'une universitaire. Et il le crie sur tous les toits. 
Sous nos cieux de cette vaste terre arabo-islamique, le nombre des analphabètes est largement supérieur au nombre des universitaires. Selon les chiffres officiels de l'Alecso, 30% des Arabes sont analphabètes. 47,5 % des femmes arabes ne savent ni lire ni écrire. 
Sous nos cieux de cette vaste terre arabo-islamique, de sociétés patriarcales et machistes, les femmes n'ont pas droit de parole, fussent-elles des universitaires chevronnées. 
De cette vaste terre arabo-islamique, un petit pays fait de la résistance à l'ignorance et s'oppose à l'occupant. Depuis la nuit des temps, de la Kahéna jusqu'à Olfa Youssef en passant par Aziza Othmana. 

Dans ce petit pays qu'est la Tunisie, l'interprétation de la religion est basée sur le bon sens et les principes pacifiques et d'ouverture de l'islam. Sur les principes de l'égalité et de la liberté des croyances religieuses de tout un chacun. Il s'agit là de nos traditions ancestrales en matière d'interprétation religieuse. 
Mais ce n'est pas l'avis de plusieurs analphabètes qui s'ignorent. C'est que nos analphabètes à nous savent lire et écrire et ce grâce aux principes d'ouverture et d'égalité des chances instaurés dans ce pays depuis son indépendance avec l'Éducation gratuite et obligatoire pour tous. C'est un modèle de société que nous avons choisi et que nous tenons à préserver. 
C'est ce modèle de société qu'a défendu Saoussen Mâalej dans son interview, comme beaucoup d'autres telle Olfa Youssef. Ce modèle de société déplait à nos analphabètes qui s'ignorent. Ils aimeraient adopter le modèle de société qu'ils observent sur plusieurs chaînes satellitaires intégristes du Golfe. Non seulement ils aimeraient adopter ce modèle, mais ils tiennent à ce que tout le monde l'adopte. De gré ou de force.

Malgré leur esprit rétrograde, et leur désir farouche d'épouser le salafisme (le retour à l'islam des origines), ils savent utiliser les technologies les plus modernes. Allez comprendre cette schizophrénie consistant à appeler à l'abandon de la modernité tout en utilisant Facebook. 
Dans leur interprétation de l'islam, à la manière salafiste ou intégriste, Saoussen Mâalej, Olfa Youssef ou encore Riyadh Zeghal sont des mécréantes méritant la mort. Ni plus ni moins ! On se croirait au Pakistan ou en Afghanistan ! Et ils n'hésitent pas à le crier haut et fort à travers des pages dédiées appelant au crime et la haine. A travers des photos personnelles et familiales sorties de leur contexte. A travers la violation des valeurs même de l'islam. 

Cela se passe en Tunisie, en 2010, et le nombre de ces intégristes de Facebook ne cesse d'augmenter. Et comme ils sont nombreux, ils réussissent à faire du bruit, à trouver des sympathisants, à semer le trouble dans un pays qui ne cherche qu'à vivre pacifiquement. 
Ce pays, fondé sur le bon sens, a toujours fonctionné sur ce principe : que l'on soit musulmans, athées, mécréants, juifs ou chrétiens, on est d'abord et avant tout des Tunisiens. La croyance religieuse est une affaire qui touche l'individu et son créateur et nul autre. 
Mais ce n'est pas l'avis de nos intégristes, car on est musulmans d'abord et c'est tout. Le reste n'a pas lieu d'exister, il s'agit d'inventions occidentales. 

A partir de ces interprétations rétrogrades, inventions purement orientales, le foulard est entré à l'école (chez les enseignantes !) sans que cela ne choque, l'intolérance a gagné la société sans qu'il n'y ait d'opposition et les menaces de mort ont trouvé place dans le paysage numérique tunisien, sans qu'il n'y ait de sanction. Une minorité ? Des paroles en l'air ? Peut-être. Ce que je sais, c'est que la décennie sanglante algérienne des années 90 a commencé avec ces menaces de mort ayant touché les comédiens, les universitaires, les journalistes. L'intelligentsia, selon les normes occidentales. Les incultes, selon les normes intégristes.

Aux dernières nouvelles, Saoussen Mâalej et Olfa Youssef ont déposé plainte contre un rappeur dont les tubes incitent clairement à la haine. Le même rappeur a nié son implication dans la campagne de Facebook et les menaces de mort. 
Un lâche ? Les intégristes ont cela de commun : la lâcheté. Ils n'ont jamais osé affronter leur pire ennemi, la gangrène qui les tue tous : cet analphabétisme et cette incapacité de comprendre l'essence même du texte islamique.


Source : Business-News.

Sommes-nous vraiment anonymes sur Internet?!


En ces temps de troubles sociaux en Tunisie, la communauté "Anonymous" a décidé d'entrer en cyber guerre contre le gouvernement tunisien en place, et s'est choisie comme ennemis celui que les tunisiens surnomme "Ammar 404". Nous nous demandons tous qui sont ses anonymes qui veulent aider le peuple tunisien, du moins c'est ce qu'ils prétendent faire, et sont-ils vraiment anonymes?!


Alors les "Anonymous" comme leur nom l'indique, sont des internautes couverts par l'anonymat de la toile qui poursuivent tous un seul but : garantir la liberté d'expression et d'information des citoyens du monde, et ont comme slogan : "Nous n'oublions pas, Nous ne pardonnons pas, Prenez garde!" (je sais c'est plus cool dit en anglais :p ).
Et donc ces "hacktivists" après les évènements de Sidi Bouzid et tout ce qui a suivi après en Tunisie entre censure et désinformation, ont décidé de s'attaquer à ce gouvernement et Ammar 404.
Plusieurs seraient attirés par un concept aussi sombre, aussi mystérieux, synonyme de révolte et de cyber activisme, mais est-ce qu'on est vraiment anonyme sur la toile?!


Les "Anonymous" Sont vraiment anonymes?!
Le temps où le piratage était une activité à une petite élite est désormais révolu. L'Outil utilisé dans les opérations "Anonymous" a montré que potentiellement n'importe qui de plus ou moins connaisseur, peut prendre part à une opération de cyber-attaque à partir de son propre ordinateur. 
Ce rapport n'a pas pour but d'enquêter et de définir la ligne entre le cyber-activisme et la cyber-criminalité, mais il est clair que ce jeu peut vous mettre dans une position juridiquement incertaine.

L'Outil garantit-il l'anonymat?

Dans un Lab-test effectué à l'Université de Twente aux Pays-Bas, l'Outil utilisé par les "Anonymous" a été dirigé pour attaquer une machine cible fictive et la cible a été équipée pour analyser le trafic entrant.
La première analyse a révélée que l'Outil ne contient pas de précautions pour masquer (cacher) l'origine de l'attaque. Cela signifie que l'adresse IP de l'attaquant est incluse dans les paquets envoyés à la victime.
Chose surprenante de trouver que les "Anonymous" sont si facile à se faire repérer surtout qu'au moyen d'un simple logiciel de changement d'adresse IP, ils auraient plus de chance d'être anonymes.
Et donc, à la base, pour un utilisateur non expert de l'Outil, c'est comme si il envoyait une lettre de menace avec une adresse de réponse.

Les données peuvent être récupérées?

La directive européenne sur "la conservation de données générées ou traitées dans connexion de la fourniture de services de communications électroniques ou de réseaux publics de communications"(directive 2006/24/CE) indique que, en tenant compte de la législation de la vie privée, la télécommunication de données doivent être "conservées pour des périodes d'au moins six mois et pas plus de deux ans à compter de la date de la communication". Ces données devraient être disponibles "dans le but de la recherche, la détection et la poursuite d'infractions graves".
Cela signifie que les données sont techniquement disponibles, mais seulement à la force publique dans le cas où ils en auraient besoin pour entreprendre une enquête.
Notre analyse a montré que les utilisateurs participant à des opérations anonymes peuvent être relativement faciles à retracer.
Tout d'abord, l'Outil ne fournit pas d’anonymat à ses utilisateurs. Deuxièmement, les opérateurs doivent se conformer à la politique de l'UE de conservation des données et de stockage des communications de données.

Conclusions:

  1. On n'est pas anonymes sur la toile, tout ce qu'on envoie contient notre adresse personnelle (IP), on pourrait surement brouiller les pistes en utilisant les serveurs comme Tor, mais cela reste toujours traçable.
  2. Le groupe "Anonymous" est une fausse appellation vu que l'Outil qu'ils utilisent dans leurs attaques ne fournit aucune structure de camouflage et s'est révélé facilement traçable.
  3. La Lois stipule que les données communiquées doivent être stockées dans les serveurs des opérateurs internet pour au moins 6 mois pour raisons d'investigation, alors les Hacktivists peuvent être tracés même après la fin de l'attaque.

Source : osnews.com