10 septembre 2012

Histoires de Taxi : Celui qui croyait au 007

Je me lève tous les jours, ou presque, vers 7h30. Je me fais ma douche, mon petit dej et je sors pour me trouver un taxi. Depuis le 2 juillet 2012, ceci est devenu mon train de vie.

Et donc je sors de la petite porte de la résidence, je traverse la petite rue, les railles du métro, la 2ème petite rue et j'attends qu'un taxi passe. Bon j'attends au plus une minute, parfois je laisse passer des taxis qui ne me plaisent pas, et parfois je suis comme un zombie programmé automatiquement à lever ma main dès qu'un truc jaune passe ce qui me vaut de belles surprises...

Et bein aujourd'hui, c'était automatique, j'ouvre la portière et une odeur des plus intenses m'accueille, je me dit "ok,  جاتني في طرف ريحة برا بركة ". Je lui donne sa destination et là je commence cette petite conversation interne entre le Moi qui dort encore (qui, à cause de lui, j'ai pas fait attention au choix du taxi) et le Moi qui remarque et qui sent ce qui l'entoure...

Déjà le taxiste a des cicatrices dans le visage, l'emblème du CA accroché et Radio Zitouna. Bon directe je me dis "Ne te fais pas trop de préjugés il est surement différent", et là, le mec commence à chantonner, je pensais que c'était un truc de virage mais non il était en train de suivre la musique religieuse passée à la radio... Parce que maintenant il y a virage Zitouna composé de taxistes.


Et là, une voiture lui "vole" sa priorité alors il crie "ya bhim ya msattek na3en tuuuuut" puis un petit silence et après "malla 3bed ma ta3refch rabi"
Il me dit "les gens n'ont plus le sens des priorités ils n'ont plus peur de dieu et n'ont plus dieu présent dans leurs âmes"


Je me dis "WTF?! Elle est ou la logique comment il a fait sa transition entre priorité et dieu?!"
Et je lui dit "oui oui famma barcha taghfiss sur la route". Chose que j'aurais jamais du dire, parce que ça m'a valu le discours le plus bizarre de l'histoire de l'humanité (bon j'exagère) et il a commencé :

-Trop de cons sur la route, et tout ça parce qu'ils ont viré du droit chemin, ils n'ont plus aucun rapport avec dieu ni avec la religion! Pour eux la liberté est plus sacrée que Dieu lui même! Regarde par exemple la saleté partout, c'est parce qu'ils ne reconnaissent pas Dieu qui a dit : la propreté est de la foi.

Je lui dit "qu'est ce que tu fais des pays occidentaux?! ils ne sont pas musulmans et pourtant leurs villes sont propres."

Il me dit :
-Tu vois, les gauchistes, les laïques, les athées, les chrétiens, les koffars dans ces pays, tu sais qui est الرجل الأوحد pour eux?! Et un petit silence... C'est James Bond! Mais la vérité, c'est le prophète (Salla allahou 3alayhi w sallam) qui est الرجل الأوحد (et de ce que j'ai compris الرجل الأوحد = l'Homme Parfait)
Je me dis "Putaiiiiiiiiiin mais qu'est-ce qui me raconte ce mec?! Quelle mouche l'a piquée?!"
Et il contiue : "Notre religion est parfaite et nous a enseigné tout mais en Tunisie c'est devenu un pays de koffar et de laïques..."
Je lui dit "donc les laiques sont des koffar?!"


Il me dit :

-Bein non il y a deux types de Laiques, les koffar et les non koffar, mais les deux y7ebou yda5louna fi 7it w y7ebou yhezzou lebled lil 7arb parce qu'ils ne reconnaissent pas la parole de Dieu et ne suivent pas à la lettre ce qu'il nous a ordonné. [un petit silence et il me balance]
-Moi j'étais avant un alcolo, un drogué et j'étais animateur dans un hôtel et depuis 'hdéni rabi' et j'ai quitté mon métier pour devenir Taxiste, et puis tu sais, dans les hôtels, si tu es musulman pratiquant, les touristes te respectent, si tu l'es pas, ils te respectent pas"

Et heureusement, on est arrivé à destination après cette conclusion que ce mec s'est faite... Je le paie et je sors en me répétant "WTF?! WTF?! WTF?! Mais qu'est ce qu'il a fumé?! Comment a-t-il pu se faire toute cette réflexion sans se demander si c'est logique ou pas..."

28 mai 2012

…Histoire d’un travail (part 2)…

Part 1
Je descends les 86 marches d’escaliers, oui je les ai comptées depuis le temps, la brise fraiche d’un matin estival m’envahis les narines et j’ai soudain droit à mon premier éternuement de la journée, et même si j’y ai droit des dizaines de fois tout les jours, cela me surprend toujours.
J’ouvre la petite porte rouge et le bruit du métal grisonnant me réveille plus encore car on ne peut dire que je suis tout à fait éveillé : je suis dans cet état où on a l’impression qu’on regarde un film, le corps obéit à l’habitude à laquelle il s’est berné tandis que le cerveau peine à dégager l’aura du sommeil.
La réflexion des rayons du soleil sur les rails m’éblouit, le bruit du serpent vert m’alerte, et je me trouve devant ce choix difficile que je dois prendre tous les jours : Aller à la lointaine station de bus, où je me ferais piétiner les orteils par cette vague de mort vivant, avec un visage menacent, un regard ébahi par le manque de sommeil pour les uns, et les effets de la cuite de la veille pour d’autres, ou prendre le serpent qui me mènera au terminus de la ligne du bus, où je pourrais avoir droit à une place assise, mais cela me prendra plus de temps, et en fonction de l’heure à laquelle je suis sorti, je décide.
Aujourd’hui, j’étais bien matinal, l’honneur était au serpent vert, j’entre à la station, je jetais un petit coup d’œil pour voir s’il y avait un contrôleur, parce que sur cette station, il y en a un à l’entrée, son absence voudra dire un voyage gratuit avec un risque infime de se faire prendre à l’arrivée, deux stations après. J’avance et je vois les bancs plein des travailleurs, qui rêvent encore de voir enfin ce point vert qui marquera le début de leur voyage quotidien, et bien sur il n’y avait plus de place. De l’autre côté, quelques accidentés de la vie ont trouvé un endroit pour passer une autre nuit.
Je prends place près d’un poteau de lumière encore allumé, je pose ma tête sur le poteau et je ferme les yeux, histoire de les reposer un peu, et là j’entends le grincement des rails, il est là, enfin arrivé, se faufilant en faisant parfois des étincelles dues aux frottements des câbles avec les récepteur d’énergie. J’avance d’un petit pas et j’essaie de me mettre dans le meilleur endroit possible pour être pile devant la porte. Je me suis fait un repère quant aux endroits des portes, c’était selon l’emplacement des arbres aux alentours, surtout ceux du jardin de la médiathèque qui se trouve juste devant la station.

02 mai 2012

Social Business Competition 2012


Pour la deuxième fois depuis son lancement le Tunisian Center for Social Entrepreneurship organise la Social Business Competition, la compétition qui a pour but d’encourager et d’aider les porteurs d’idées à lancer leurs propres entreprises sociales en Tunisie.
C’est ainsi que le Tunisian Center for Social Entrepreneurship, en collaboration avec ses partenaires et de son réseau d’encadreurs, offre aux porteurs d’idées l’opportunité de lancer leurs propres entreprises sociales, d’en faire un succès national et, pourquoi pas, de les exporter dans les pays qui font face aux mêmes problèmes sociaux et économiques!
Au terme de cette compétition, les candidats, ayant proposé les meilleurs Business Plan pour des entreprises sociales, seront sélectionnés et bénéficieront de l’accompagnement nécessaire afin de concrétiser leurs idées.
Le TCSE apportera le soutien nécessaire afin de surpasser tous les challenges techniques, ainsi que l’établissement des liens avec les experts du social business, les partenaires financiers tunisiens et internationaux du centre.
D’autre part le centre mettra les porteurs d’idées sélectionnés lors de la compétition en contact avec des entrepreneurs sociaux de la Tunisie et de l’étranger pour bénéficier de leurs expériences
Vous pourrez découvrir plus de détails et soumettre vos candidatures sur le site du centre : www.tcenterse.org entre le 26 avril 2012 et le 25 mai 2012 à minuit (heure tunisienne/GMT +1).
La proclamation des résultats se fera le 27 Mai 2012.

Pour plus d’informations :
Tel : +216 55 85 66 89 / +216 21 22 07 39
E-mail : se.tunisia@gmail.com
Facebook : www.facebook.com/TnCSE
Twitter : www.twitter.com/TCenterSE